Bilan du mois d'Août 2026

Alors que le mois d'août s'achève, voici un bilan CONSÉQUENT pour un mois de reprise de rythme de lecture plus intensif! Pas moins de 11 livres lus (sans compter ma lecture en cours) mais aussi deux séries et 1 film chroniqués dans ce bilan ainsi que 2 jeux vidéo. Alors attrapez votre boisson, vos petits snacks, installez-vous confortablement, c'est parti pour un récap' plus costaud que d'habitude.

Bannière étoilée Bilan du mois Août 2026

En août, j'ai décidé de participer au challenge de Bulledop "P.A.L.pitations estivales". L'idée: fixer un nombre de pages à lire par jour et s'y tenir tout le mois. J'ai misé sur 30 pages par jour, parce qu'août s'annonçait intense en termes de fatigue (et ce fut le cas) et parce que j'avais perdu l'habitude de la lecture tous les jorus depuis quelques années. Au final, j'ai lu toujours plus de 30 pages par jour, parfois une centaine, ce qui a fait explosé mon compteur de lectures et diminué ma PAL. Je pense essayer de continuer sur ce challenge  dans les mois à venir parce que ça m'a fait beaucoup de bien. Côté perso, août a été marqué par la chaleur, encore, par l'heureux retour à la pluie, par beaucoup de rangement et une tentative de reprise de journaling pour m'aérer l'esprit. On va essayer de survivre à la rentrée de septembre maintenant, et tenter de conserver des forces pour la fin d'année. 

Dump du mois avec 1 photo du ciel étoilé pour les Perséïdes, une photo des amis, une photo du chat couché à côté de moi sur le sol, des cookies pistache et d’un Lego en cours

Allez, c'est parti pour le bilan!

Le bilan chiffré d'août (sans compter le(s) lecture(s) en cours) :

Infographie du mois

Voici un résumé de mon avis sur chacune des lectures du mois:

Bannière étoilée avec écrit "Coup(s) de coeur du mois"

De la terre des pleurs un grand vent s'éleva de Jane Sautière, Quidam


De la terre des pleurs un grand vent s’éleva n’a pas de sublime que son titre, bien au contraire. L’autrice et romancière redonne, avec sa plume d’une beauté rare, de l’humanité à la question du traitement des réfugiés. Elle dénonce, avec force et désespoir, la manière dont la société, et notamment les pouvoirs publics, déconsidèrent ces gens dont l’individualité s’efface au profit de l’abstraction des nombres. C’est un court essai bouleversant qui dit avec justesse ce qu’on ne peut plus ignorer et invite à l’action pour ne pas laisser le désespoir gagner constamment.

  

Bannière étoilée avec écrit "Très bonnes lectures du mois"

Le restaurant des robots rêveurs d'Annalee Newitz, traduction d'Emmanuel Chastellière, J'ai Lu, Nouveaux millénaires


Le restaurant des robots rêveurs est un roman qui fait du bien. Si son univers n’est pas forcément bienveillant, c’est dans les liens et les rêves de cette famille choisie de robots qu’on puise toute la douceur de cette cosy SF. Plein de belles valeurs, le roman nous invite à revendiquer fièrement nos singularités et à travailler ensemble pour aider chaque individu à accéder à son rêve. C’était réconfortant même si tout simple au niveau de l’intrigue. Une belle pause dans le quotidien.

 

Chanter le silence de Cassandra Khaw, traduction de Marie Koullen, Argyll, RéciFs


Chanter le silence est une excellente novella lovecraftienne qui parle magnifiquement de deuil et d’espoir en l’avenir grâce à notre personnage principal particulièrement touchant. Si l’intrigue est un peu confuse sur le final, elle m'a conquise par son humanité dans l’horreur. Je dois aussi souligner à nouveau la magnifique traduction et écriture de cette novella qui mêle le champ lexical de la musique aux apparitions indicibles dans une composition fort harmonieuse.

 

Julia Z., tome 1. Un rêve dans un rêve de Ken Liu, traduction de Pierre-Paul Durastanti, Le Bélial'


Un rêve dans un rêve est un bon techno-thriller sous tension qui verse de l’humanité au cœur d’un monde qui recourt massivement aux IA. Abordant des thèmes comme le lien à l’autre, les apparences, la création ou la résistance au capitalisme, ce premier opus de la série m’a donné envie d’en découvrir la suite pour retrouver le personnage de Julia Z. qui m’aura vraiment beaucoup plu.

 

Les archives des Collines-chantates, tome 5. Les épouses de la haute-colline de Nghi Vo, traduction de Mikael Cabon, L'Atalante


Les archives des Collines-Chantantes ne déçoivent décidément pas. L’envoûtement de l’écriture continue à nous transporter dans ce 5ème tome encore différent des précédents mais toujours aussi captivant. La tension monte crescendo dans son conte aux airs de Barbe Bleue où les apparences sont parfois trompeuses. J’ai adoré cette parenthèse que cette lecture m’a offerte dans le quotidien. Et je me réjouis à l’idée de savoir qu’au moins deux autres sont à venir.

 

Propaganda de Françoise Ruscak et Maxime Belloche, Steinkis 


Propaganda en bande dessinée est une excellente idée. Non seulement cela donne accès à un texte aujourd’hui essentiel pour comprendre comment l’opinion publique est manipulée, et ainsi s’en prémunir. Mais c’est aussi une formidable manne de réflexions sur ce qu’est la propagande, les liens entre industriels et politique et le poids qu’une opinion publique a dans la balance du monde. C’est parfaitement accessible et passionnant, en plus d’être un formidable outil pour aiguiser notre esprit critique.

 

La Panse de Léo Henry, Folio SF


J’ai beaucoup aimé ma lecture de La Panse qui nous plonge au cœur d’indicibles secrets en plein Paris dans un thriller lovecraftien subtil. Léo Henry maîtrise son ambiance comme le rythme perturbant de son récit pour nous offrir une intrigue captivante et dérangeante qui mêle l’aliénation du travail à celle des sectes, broyant les corps comme les esprits dans les coulisses d’un quartier imposant. Un récit qui monte crescendo en tension et qui nous accroche sans faillir.

 

Hâte-toi quand la nuit vient de Marie Pavlenko, Flammarion jeunesse


Hâte-toi quand la nuit vient est un roman d’anticipation glaçant qui imagine le basculement de la France sous un régime d’extrême-droite et les conséquences sociales, humanitaires et climatiques qui en découlent. C’est glaçant mais nécessaire pour se rappeler qu’on doit réagir collectivement avant que notre société ne devienne aussi mortifère. Porté par des ados au bord de l’âge adulte, vivant dans une angoisse constante et une chaleur écrasante, mais continuant pourtant à aimer et à rêver, c’est un roman qui parle de résistance et qui porte, en plein cœur de la nuit, une touche lumineuse d’espoir. Je n’ai regretté que les sauts temporels (heureusement secondaires) qui m’ont paru superflus.

 

Prendre forme de Dolki Min, traduction de Cécilia Castelli et Elly Lee, L'Atalante


Prendre forme est un récit surprenant entre body horror et weird fiction queer qui dénonce avec force le rejet de la différence dans nos sociétés et mêle quête d’amour et cannibalisme dans un style très organique. Peuplée de dessins très singuliers eux aussi, la novella transporte, dérange, interpelle et reste en mémoire.

 

Bannière étoilée "Bonnes lectures du mois"

Bienvenue en 2055 de Magali Reghezza-Zitt, Seuil


Bienvenue en 2055 est un essai-fiction assez remarquable qui nous donne accès aux données et faits scientifiques et dresse un constat clair et accessible de ce à quoi peut ressembler la vie dans un monde neutre en carbone. Optimiste mais aussi factuel, cette exploration d’un avenir rappelle l’urgence d’agir pour maintenir un avenir vivable même si certaines conséquences sont déjà inévitables. L’autrice souligne la nécessité d’un engagement politique immédiat et global pour ce changement. Et si la lecture m’a provoqué de grands moments d’angoisse, il m'a aussi l’envie d’y croire et d’agir sans laisser cette angoisse me sidérer totalement.

 

Le château de mes sœurs de Blanche Leridon, Points


Le château de mes sœurs est un essai imparfait mais intéressant dans ce qu’il constitue enfin une exploration des liens en sororie et leurs représentations dans l’histoire, dans la société contemporaine ou dans les arts. Une étude qui ne fait qu’effleurer un sujet majeur mais souligne assez brillamment la beauté et la force des liens entre sœurs. Une invitation aussi à réfléchir en commun à ce rejet global des filles en tant qu’entité plurielle, à ce que ça dit de notre société patriarcale et de ce qu’il nous faut réinvestir positivement.

 

Les expiateurs de Tade Thompson, traduction de Jean-Daniel Brèque, Le Bélial', Une Heure-Lumière 


Les Expiateurs est une novella très originale qui glisse progressivement un polar dans une science-fiction mystérieuse. L’écriture clinique de l’auteur, couplée au manque de repères, crée une ambiance de malaise très réussie et l’envie de comprendre nous pousse sans faiblir jusqu’au bout de l’intrigue. Bien que j’ai eu des nœuds au cerveau avec la chaleur, j’ai aimé explorer des pistes aux côtés d’une enquêtrice qui plonge dans l’inconnu et j’ai aimé l’étrange émotion qui m’a saisie.

 

Fond étoilé avec écrit "Films & séries"

Image du film L'odyssée

Ce mois-ci on a été au cinéma pour voir L’Odyssée de Christopher Nolan. J’ai globalement été très conquise par cette épopée de 3h. Nolan nous offre sa vision de L’Odyssée, il nous raconte l’histoire, en souligne le côté traumatique, apporte à ce récit une noirceur intéressante, tant dans le traitement du récit que dans l’image elle-même. Les plans se veulent grandioses (et là je regrette un peu de l’avoir vu sur un écran classique mais le prix...), la BO souligne cette ambiance particulière mais sans jamais prendre le pas sur le visuel et le casting est fort intéressant. C’est un film plutôt efficace, qui ne m’aura pas ennuyé pendant sa longue durée et qui réussit, avec certes de nombreux raccourcis qu’on peut estimer dommageables, à donner vie à une aventure de 10 ans. On peut lui faire pas mal de reproches, notamment sur l’absence d’actions réelles d’Athéna, même si j’ai beaucoup aimé cette vision de la déesse comme incarnation d’une culpabilité, d’un trauma de guerre qu’on cherche à fuir. On peut regretter l’absence de certains passages ou encore le raccourci d’autres, comme celui de Circé. Mais sur 3 heures, Nolan nous offre une histoire entière, magistrale et intense. En parlant de Circé d’ailleurs, j’ai énormément aimé son passage. J’ai aimé l’incantation « retrouve ton déguisement » qui rappelle que ces hommes ne sont que des porcs pour leurs exactions. J’ai aimé le féminisme affirmé de Pénélope, cette vision du Cyclope, et le regret immense de Troie. On peut lui reprocher de donner à Ulysse le rôle de héros qui résout tout (parce que c’est la façon dont Nolan voit l’Odyssée visiblement) mais ça reste un excellent film. L’ensemble est plutôt spectaculaire, l’esthétique est assumée, choisie, disant la vision de son réalisateur sur un récit foncièrement dramatique. Il donne aussi envie à des milliers de personnes de se replonger dans les vers d’Homère et c’est en soi une énorme prouesse. Je suis en tout cas très heureuse d’avoir visionné ce grand spectacle.

Image de la série After Life

Après une longue pause entre deux saisons, on a enfin visionné la troisième et dernière saison de la série After Life de Rick Gervais. C’est une série qui se déroule dans une petite ville tranquille d’Angleterre où on suit un homme qui fait le deuil difficile de sa femme. Entre sarcasme et larmes, cette série a un côté très attendrissant. J’aime la sincérité avec laquelle on nous montre des gens ordinaires, parfois sacrément paumés, mais aussi celle des sentiments. Cette dernière saison m’aura encore fait beaucoup pleurer, mais conserve en creux de doux messages. Le dernier épisode a été un déchirement.

Image de la série Blackbird

On a également visionné la mini-série Black Bird en six épisodes, adaptée d’un livre témoignage de James Keene qui, prisonnier, a été missionné pour faire parler un tueur en série et l’empêcher ainsi de sortir de prison. C’est une série rude par son propos, violente souvent et oppressante. Si j’ai eu un peu de peine à accrocher au premier épisode, l’entrée de la partie enquête et de la confrontation au tueur en série m’ont permis de tenir jusqu’au bout. J’ai trouvé la série assez bien jouée dans l’ensemble, notamment par Paul Walter Hauser dans la rôle de Larry que j’ai trouvé très dérangeant. Et si j’ai toujours un peu de mal avec ces séries qui mettent en avant les tueurs plus que leurs victimes, j’ai retrouvé ici un peu de l’esprit de Mindhunter et ça se regardait plutôt bien.

 

Bannière étoilée "Coté jeux"

Image du jeu Assemble with care

J’ai joué et terminé le petit jeu Assemble with care de ustwo games. C’est un jeu narratif et de simulation de réparation d’objet tout chill. Quelques scènes d’histoire, une réparation composent ainsi chaque chapitre. Le jeu se termine en moins de 2h, il est donc fort court et avec, finalement, peu de gameplay. Les récits, bien que peu variés, sont touchants. Mais il manque un petit plus d’immersion pour que le jeu reste en mémoire. J’ai cependant apprécié la patte graphique toute douce et dessinée, ainsi que la traduction des textes en français.

Image du jeu View finder

J’ai également joué à ViewFinder de Sad Owl Studios et c’était absolument génial! C’est un jeu d’exploration-énigme où on peut manipuler l’environnement à l’aide de photographies ou d’images. Placez un dessin de pont au-dessus du vide et vous voilà avec un pont, plongez dans des tableaux, changez l’orientation de certaines parois... C’est un jeu vertigineux et très immersif. Et le rendu est absolument formidable. Pendant 8h de jeu, j’ai parcouru les niveaux d’énigmes avec enthousiasme, bluffée par la démarche créative et avec le plaisir de retrouver un gameplay à la Portal mais avec un tout autre mécanisme. C’est un jeu beau mais aussi touchant par sa narration. J’espère sincèrement qu’il y aura d’autres jeux de ce type, une suite pourquoi pas. Parce que j’ai adoré de bout en bout.

 

Et vous, quel est le bilan du mois ? Quels livres ou quel(le)s séries/films vous ont provoqué un coup de cœur ? À quel(s) jeu(x) avez-vous joué ce mois-ci?

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